Evêque de Mende et martyr. Nous connaissons sa vie par les lectures de l'office liturgique composé en son honneur au 12ème siècle. C'est pourquoi nous retrouvons un récit très semblable à d'autres : tortures, flagellation, torches ardentes sur le corps. Ce dont nous sommes sûrs historiquement c'est qu'il y eut un saint Privat dont grande fut la sainteté pour que 11 localités en France se soient placées sous son patronage et sa protection (Fête locale le 21 août).
Tome douzième
Alban Butler, traduit librement par l'abbé Godescard
Vers la fin du quatrième siècle.
Les savans sont partagés sur le temps auquel saint Privat a vécu. Les uns le placent sous Valérien et Gallien, et les autres dans le cinquième siècle. Le premier sentiment, qui est celui de saint Grégoire de Tours, paraît le mieux fondé : ainsi nous le suivrons.
Saint Privat était évêque du pays de Gévaudan, dont le siège épiscopal est aujourd'hui à Mende. Cette église ne met aucun évêque avant lui que saint Sévérien, que l'on fait disciple de saint Martial et qui est honoré le 26 Janvier.
Il est probable que saint Privat résidait dans l'ancienne ville d'Andérite , qui prit ensuite le nom de Gabales, à cause du peuple appelé Gabali. Aussi saint Grégoire de Tours le nomme-t-il évêque de Gabales ; et ses successeurs prenaient encore ce titre en 876. Ce ne fut que dans le onzième siècle qu'ils commencèrent à être appelés évêques de Mende (1).
Quel que fût le lieu où saint Privat tenait son siège, on lit dans sa vie qu'il se retirait souvent dans une grotte, située sur le haut d'une montagne près de Mende, et qu'il y faisait son occupation et ses délices de la prière, du jeûne et des veilles.
Pendant qu'il travaillait à sa sanctification et à celle de son troupeau, Chrocus, Roi des Allemands, passa le Rhin pour aller ravager les Gaules. Lorsqu'il fut dans le Gévaudan, les habitans du pays se renfermèrent dans le château de Grèze, qu'on voit encore au pied d'une montagne. Le saint évêque resta dans sa grotte où il priait pour son peuple. Les barbares qui l'y trouvèrent employèrent inutilement les menaces et les mauvais traitements pour le forcer à trahir ses concitoyens. Ils voulurent ensuite le faire sacrifier à leurs dieux ; mais le voyant rejeter cette proposition avec horreur, ils l'accablèrent de coups, et le laissèrent pour mort sur la place. Il mourut effectivement quelques jours après, avec la gloire d'être tout à la fois martyr de la vérité et de la charité. Il est nommé en ce jour dans les plus anciens martyrologes.
- On ignore en quel temps la ville de Gables fut détruite. On croît que les ruines s'en voient encore au village de Javouls, à quatre lieues de Mende.